Dire au revoir aux derniers monarques
Dernière mise à jour : 5 oct.
Cet été, à Terra Perma, je me suis attachée à de tout petits visiteurs. Entre les projets, les arrivées et les mille choses à faire sur le site, les monarques m’ont donné une bonne raison de m’arrêter et de regarder.
J’ai suivi leur transformation, de la chenille à la chrysalide, puis au papillon. J’en ai gardé des photos et des vidéos, mais ce qui me reste surtout, c’est l’émerveillement devant chacune de ces étapes. La chrysalide, avec ses minuscules points dorés, semble presque irréelle. Puis vient le moment où l’on commence à distinguer les ailes à travers son enveloppe. On connaît la suite, et pourtant, on a du mal à croire que tout cela puisse se passer sous nos yeux.
Maintenant que l’été laisse sa place à l’automne, dire au revoir aux derniers monarques me fait un petit pincement au cœur. Leur présence aura marqué ma saison.
Pour les monarques de l’est du Canada, la fin de l’été annonce une migration vers les montagnes du centre du Mexique. Imaginer ces ailes si délicates parcourir une telle distance donne une tout autre dimension à notre rencontre. Notre petit coin de forêt n’est qu’une étape dans une histoire beaucoup plus grande.
Cette aventure m’a aussi rappelé pourquoi la biodiversité occupe une place aussi importante dans notre vision de Terra Perma. Elle se découvre en prenant le temps d’observer : une chenille sur une feuille, un insecte dans une fleur, une plante que l’on n’avait jamais vraiment remarquée.
Le monarque dépend de liens très précis avec son milieu. Au Canada, ses chenilles se nourrissent exclusivement d’asclépiades. Les adultes ont besoin de fleurs où trouver du nectar, notamment pendant leur migration. Préserver ces plantes et leur laisser une place peut donc faire une différence bien réelle.
À Terra Perma, notre démarche écologique prend plusieurs formes : la découverte de techniques de construction différentes, le travail avec des matériaux locaux, la permaculture, la forêt nourricière et le jardin. Ces projets nous amènent à réfléchir à la façon dont nous habitons le territoire, à ce que nous y cultivons et à la place que nous laissons aux autres espèces.
Les monarques rendent cette réflexion très concrète. Ils me donnent envie d’être encore plus attentive aux plantes qui poussent ici, aux périodes de floraison et aux petits habitats que l’on peut facilement négliger. Ils me rappellent aussi que nos efforts doivent continuer à évoluer, au fil de ce que nous apprenons sur le terrain.
J’espère que les personnes qui viennent séjourner chez nous repartiront avec un peu de cette curiosité. Prenez le temps de regarder les feuilles, de suivre un papillon des yeux ou de vous arrêter près des fleurs. Il se passe beaucoup de choses à quelques centimètres du sentier.
Alors, bon voyage aux derniers monarques de la saison. Merci pour les pauses, les surprises et les petites merveilles de cet été. Je regarderai les asclépiades avec beaucoup d’espoir l’an prochain.
Commentaires